Vers la grève sociale du 1er mai 2026
C'est quoi une grève sociale?
Une grève sociale, c’est d’abord un arrêt de travail et d’activités au sens large dans le but de s’opposer à certaines mesures du gouvernement.
La grève sociale, contrairement aux grèves traditionnelles, est portée par des acteurs sociaux provenant de différents horizons. Le premier mai prochain, des syndicats, des associations étudiantes, des groupes communautaires seront donc en grève afin de s’opposer aux mesures d’austérité, aux coupures dans les services sociaux, à la tentation autoritaire du pouvoir politique et pour une multitude d’autres décisions qui vont à l’encontre du bien commun. Après tout, nous avons tous et toutes des raisons de manifester le premier mai.
Voter la grève, c’est plus que se voter une journée de congé, c’est voter pour un moyen de pression qui nous permet de participer à un large mouvement de contestation et de participer au débat politique à notre manière.
La grève est aussi un moment et un espace particuliers où on se libère des contraintes du quotidien et l’on apprend à s’organiser collectivement. C’est le moment idéal pour politiser des enjeux sociaux et d’en faire des revendications.
Nous croyons que les associations étudiantes ont un rôle à jouer dans le mouvement de grève sociale afin de porter un message clair au gouvernement.
Concernant les mesures d'austérité
L’austérité est un choix politique. Contrairement aux narratifs des ministres et des faiseurs d’opinions publiques, il ne s’agit pas que de simple ajustement budgétaire, mais d’une volonté de réduire le financement de l’État dans les services sociaux tout en faisant la promotion du secteur privé.
Les ministres essaient de se cacher derrière leur petit doigt. Pour un gouvernement qui a dépensé plus d’1,1 milliard dans le fiasco SAAQCLIC, qui a perdu 270 millions d’investissements dans la maison-mère de Northvolt (notons au passage que la Caisse de dépôt et placement du Québec avait aussi investi 200 millions dans Northvolt). Dans ce cas, nous parler de rigueur budgétaire, c’est ajouté l’insulte à l’injure.
Services affectés
Parmi les services affectés par ces coupures, on parle du système de santé, l’éducation, les CPE, les transports publics...
Concrètement, dans les 2 dernières années, c’est:
-
200 millions de compressions dans les budgets des centres des services scolaires;
-
151 millions de compressions dans les cégeps en 2025-2026;
-
Un gel d’embauche du personnel dans les cégeps;
-
400 millions de coupure dans l’entretien des bâtiments;
-
Le retrait du programme des bourses perspectives;
-
La fermeture de 40% des programmes de francisation;
-
Le retrait du programme d’aide à l’emploi pour les étudiant.e.s étranger.ere.s sans diplôme.
Concernent le projet de loi #1 sur la constitution du Québec
On se permet ici de reproduire des extraits d’un communiqué du Barreau du Québec (l’Ordre professionnel des avocats du Québec) qui est plutôt clair sur les effets négatifs que pourrait entrainer une telle constitution dans sa forme actuelle.
Affaiblissement du régime québécois de protection des droits fondamentaux et libertés de la personne
Plus d’une douzaine de dispositions dans le projet de loi qui affaiblissent le régime québécois de protection des droits et libertés fondamentaux. Ce faisant, la proposition législative nie le contexte juridique québécois suivant lequel la protection des droits individuels constitue la valeur sociale distincte et primordiale, et sape délibérément les droits des citoyens.
Atteintes à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance des tribunaux
Avec l’institution projetée d’un Conseil constitutionnel de nature politique […] celui-ci exercera de facto une fonction juridictionnelle, empiétant ainsi sur le pouvoir judiciaire et portant atteinte à la séparation des pouvoirs.
Enfin, la lecture combinée de la Loi constitutionnelle de 2025 du Québec et de la Loi sur le Conseil constitutionnel permet de conclure à un élargissement important des pouvoirs accordés aux branches politiques du gouvernement, et ce, au détriment du pouvoir judiciaire. Cette atteinte ne peut qu’affaiblir l’indépendance judiciaire et la séparation des pouvoirs, et par conséquent miner gravement et irrémédiablement la confiance du public.
Diminution des contre-pouvoirs
La Loi sur l’autonomie constitutionnelle du Québec interdit à des centaines d’organismes au service de la société civile de contester la constitutionnalité de certaines lois ou encore de contribuer à une telle contestation menée par des citoyens. Cette interdiction vise notamment tous les ordres professionnels, dont la mission première est la protection du public […].
Manque de transparence dans la nomination des juges à la Cour suprême du Canada
L’article 24 de la Loi sur l’autonomie constitutionnelle permet au gouvernement de soumettre des candidatures sans obligation de rendre les informations publiques, ce qui réduit la reddition de comptes et la transparence démocratique.
Absence de reconnaissance des droits des peuples autochtones
L’absence de mention des droits des communautés autochtones dans le texte normatif du projet de loi crée de l’imprévisibilité juridique et compromet l’objectif du principe constitutionnel de réconciliation.
